mardi 12 août 2014

2014 08 12 NORVÈGE 29 - OSLO VILLE



Nous voilà installés à Oslo sur l’immense parking d’une Marina, située sur la presqu’île de Bygdøy, à trois kms environ du centre ville, parking réservé pour une très grande part aux bateaux mis sur cales pour travaux de restauration, et d’autre part aux camping cars dans une zone limitée, avec eau et électricité pour tous.

A notre arrivée, le parking est pratiquement complet, et il faut bien se loger à côté des autres camping cars ; par chance, le lendemain, profitant de quelques départs, nous pourrons nous déplacer, nous mettre au bord de l’eau, un peu loin des autres, retrouvant notre liberté et notre intimité. Nous aurons la visite des canards et des oies, la vue directe sur le fjord, les bateaux, les nombreux canoës et kayaks de toutes sortes qui vont et viennent sans cesse, donnant beaucoup d’animation à cet endroit ; c’est vraiment très agréable, et nous apprécions beaucoup la chance que nous avons d’avoir ce privilège dans une grande ville.









OIES  OIES OIES !!!!!!



Nous aurons tout de même l’occasion de constater que notre camping car n’est pas aussi grand qu’on nous le fait observer souvent ; en effet, beaucoup sur ce parking sont de taille au moins égale au nôtre, et l’un d’eux, derrière le nôtre, immatriculé aux USA, fait au moins un tiers de plus que le nôtre ; mais un jour, nous avons vu arriver un ...monstre ! Voir photo ; bien modeste le nôtre, n’est-ce pas ?


A COTE LE NOTRE PARAIT BIEN PETIT !

MAIS ALORS LA ....... NOUS SOMMES FRANCHEMENT RIDICULES !



Nous avions déjà passé une journée à Oslo en 2003 et nous n’avions pas gardé des impressions très fortes de notre visite à cette époque ; allons-nous être à nouveau déçus ?

L’ « OSLO PASS » que nous avons pris pour 72 h nous ouvre droit non seulement à l’entrée de la plupart des musées, mais aussi à tous les transports : bus, métro, train, bateaux...


CHATEAU ROYAL


Un bus nous prend près de notre parking et nous amène plein centre ville, devant le Théâtre National; nous commençons donc notre déambulation au pied du Château Royal et son agréable parc situé sur une éminence, fermant la grande avenue Karl Johans Gate qui arrive tout droit depuis la Cathédrale et qui est la plus célèbre et la plus animée des rues d’Oslo.

Le palais est de facture néoclassique, avec une grande esplanade devant laquelle trône une statue équestre du roi Karl XIV de Suède et de Norvège, de 1814 à 1844, qui n’est autre que notre maréchal français Jean-Baptiste Bernadotte, dont nous avons déjà parlé à Stockholm, dans la chapelle funéraire de l’église des Franciscains.








Le hasard nous fait assister à la relève de la garde ; ce n’est pas notre spectacle favori, mais puisque nous y sommes, autant y jeter un coup d’œil ; nous ne résisterons pas longtemps à cet événement : trop morne, trop lent, trop triste, trop ennuyeux... rien à voir avec la relève de la garde à Athènes, le dimanche.





KARL JOHANS GATE


Nous décrochons rapidement pour descendre la grande avenue Karl Johans Gate, bordée au départ de grands immeubles universitaires, puis de jardins, et enfin de galeries commerciales, de cafés, de grands hôtels.








Nous sommes amusés, au cours de notre promenade dans les rues et les parcs, de voir certains panneaux inconnus chez nous : par exemple, interdiction aux chiens de déposer crotte ou de faire pipi! Seraient-ils plus responsables et respectueux de l’environnement que leur maître ?






CATHEDRALE


Au bout de cette avenue, nous découvrons la Cathédrale (Domkirken) qui est un grand édifice de briques rouges sans intérêt architectural évident ; on réalise que celle de Trondheim est vraiment unique dans les pays scandinaves. Nous savons qu’elle a été construite au XVII°, mais qu’elle a été beaucoup restaurée au XIX° et encore en 1950 et qu’il ne reste presque plus rien d’origine, à l’exception de la chaire et du retable.





La voute est entièrement recouverte de fresques très colorées, peintes entre 1936 et 1950, relatant des passages de la Bible ; les vitraux sont d’Emmanuel  Vigeland, le frère du grand sculpteur dont on parlera plus loin.







Sur les côtés de l’église, on a construit au XIX° des boutiques le long d’une coursive circulaire, où l’on vendait des denrées alimentaires ; aujourd’hui, ces galeries, les « basarhallene », en brique rouge comme la cathédrale, abritent toujours ces boutiques transformées en cafés ou magasins de produits artisanaux, d’antiquités, de mode....Cette galerie bordant une avenue forme un ensemble assez agréable à regarder.






Nous traversons des parcs et jardins avec étangs, fontaines, statues, comme il se doit, bien agréables évidemment pour se délasser ; nous passons devant le Parlement, grand édifice en forme de rotonde, sans intérêt non plus, ni architectural, ni esthétique.











RÅDHUSET


Nous arrivons près du port, dominé par deux tours massives et très hautes, imposantes, donnant un aspect de forteresse médiévale à l’Hôtel de Ville : le Rådhuset.




Sur le parvis, une grande fontaine à deux cygnes, et de chaque côté de l’entrée des tableaux de bois sculpté représentant des scènes de la mythologie nordique accueillent le visiteur.






Nous entrons dans un hall aux dimensions très impressionnantes, celui où se déroule chaque année, le 10 décembre, la remise du prix Nobel de la Paix.







Les murs de ce hall sont recouverts de fresques peintes par plusieurs artistes, relatant les grandes heures de l’histoire du pays, les épisodes dramatiques de la seconde guerre mondiale entre autres, hymne national aussi au travail, à la culture norvégienne. Toutes ces fresques sont quasiment imbriquées les unes dans les autres formant un gigantesque patchwork de tableaux à la fois réalistes, naïfs, modernes, classiques, un mélange harmonieux et beau. L’ensemble est impressionnant.







A l’étage, nous parcourons des salles immenses avec des tableaux divers, représentant entre autres personnages, les derniers rois de Norvège, des fresques en hommage à la nature et à la famille norvégienne , avec des hommes, femmes et enfants nus, ce qui semble correspondre à la culture « naturiste » norvégienne.






FORTERESSE D’AKERSHUS


Face à l’Hôtel de Ville, la forteresse d’Akershus, bâtie vers 1300 sur un promontoire dominant le port et le fond du fjord pour protéger la ville, a été restaurée et aménagée ; elle ceinture le château transformé en château Renaissance au XVII°, avec quelques vestiges conservés de l’époque médiévale. Nous parcourons les salles du château avec intérêt, certaines salles bien décorées, très grandes, servant aujourd’hui aux réceptions et manifestations officielles.

Dans l’enceinte de la forteresse, se trouvent beaucoup de bâtiments officiels : école militaire, ministère de la Défense, Etat-Major de l’Armée, Musée des Forces Armées et de la Résistance...















Se promener sur les remparts est très plaisant car nous avons une vue d’ensemble sur le port et son activité, mais aussi sur la ville ; promenade très agréable dans les parcs.






L’OPERA


Nous descendons de la forteresse d’Akershus et nous retrouvons le port ; nous allons droit sur l’Opéra, l’Opéra de Norvège, qui est une réalisation architecturale extraordinaire, inédite, très réussie. Il est encore malheureusement installé dans une zone qui est entièrement en travaux et qui lui enlève un peu de sa prestance ; lorsque les aménagements extérieurs seront terminés, l’an prochain sans doute, cet édifice rendra tout son éclat et sa beauté, à n’en pas douter.

Situé au bord du fjord, face au port, il est constitué d’un toit immense en forme de pente douce plongeant dans la mer, recouvert de plaques de marbre blanc de Carrare, que l’on peut gravir jusqu’au sommet ; cette pente est composée de plusieurs niveaux qui coupent l’uniformité, et lui confèrent son originalité et sa beauté.







L’intérieur du hall est immense, et nous sommes surpris par une énorme spirale de bois à lamelles, montant jusqu’au toit, faisant penser aux gradins d’un théâtre en mode inversé ; un choc visuel !
Un choc également que de s’offrir un petit capuccino à 5 € (l’un) au bar de l’Opéra ; mais, ce n’est pas souvent qu’on vient à Oslo et ... à l’Opéra !







CENTRE NOBEL DE LA PAIX


Près du port, ce centre du Nobel de la Paix présente évidemment la vie et l’œuvre d’Alfred Nobel, inventeur de la dynamite, mais surtout digne d’être honoré par l’Humanité  pour avoir légué sa fortune en 1895 afin de créer cinq prix : physique, chimie, médecine, littérature et paix. Tous les prix sont décernés à Stockholm à l’exception de celui de la paix décerné à Oslo. Pourquoi ? Avant 1905, le pays était rattaché au royaume de Suède ; mais Nobel avait demandé à ce que prix de la Paix, pour le moins, soit attribué par la Norvège, en hommage à son pays. Suite à l’indépendance de la Norvège en 1905, la Suède n’a jamais demandé le rapatriement du prix à Stockholm.





Dans une salle plongée dans la pénombre, appelée le « Nobel Field » (le jardin des Nobel), de petits écrans au bout de tiges optiques présentent chacun un prix Nobel, depuis 1901, premier prix attribué à Henri Dunant, fondateur de la Croix Rouge, jusqu’aux plus récents, formant une forêt de tiges comme autant de fleurs dans un champ ; idée originale et intéressante.




Dans d’autres salles, nous avons des expositions de documents traitant de tous les problèmes connus ou moins connus, de situations politiques et sociales fragiles ou critiques dans le monde entier.


AKER BRYGGE


Sortant de l’Opéra, nous allons à la découverte de ce nouveau quartier rénové d’anciens entrepôts ; une architecture moderne très design, bien réussie, agréable à l’œil ; des quais super bien aménagés, bordés de restaurants, cafés avec leur terrasse, commerces, cinémas, galeries commerciales, très animés, avec beaucoup de monde, pas seulement des touristes, mais bien des Norvégiens qui viennent passer d’agréables moments dans ce quartier, et notamment sur ces quais ; beaucoup de bateaux de toutes sortes, de tout gabarit, sont amarrés à ces quais leur donnant un cachet particulier.














Sur les quais, beaucoup de bancs et d’espaces pique-nique, très confortables, permettent de jouir du spectacle et de se reposer tout à la fois. D’ailleurs, en Norvège, on voit des bancs et des tables installés dans tous les endroits propices au repos, et même dans des endroits improbables, où l’on se demande qui pourrait bien venir là pour en profiter, même aussi dans des espaces privés ouverts apparemment à tout le monde.











MUSÉE ASTRUP FEARNLEY

Au bout des quais, le fameux Musée Astrup Fearnley d’Art Moderne, avec ses toits en forme de voiles de métal et de verre plongeant dans la mer, comme l’Opéra en face de lui,  conçu par Renzo Piano, l’architecte du centre Pompidou.






Mais, pour nous, la promesse d’un beau musée se noie dans une réelle déception, pour ne pas dire colère, en visitant ses salles immenses pleines de vide. Nous appelons vide ou néant ce qu’on ose présenter au visiteur comme de l’Art Moderne ; vulgarité, arnaque, rien qui peut faire penser à de l’art ; on peut aimer ou détester l’art moderne, on peut le comprendre ou pas, mais ici, il n’y a pas d’art du tout. Nous avons l’impression d’avoir été pigeonné. Le contenu n’est pas à la hauteur du contenant.


On retiendra malgré tout, à l’extérieur du bâtiment, les « yeux » (ou ce que vous voudrez), qui est pour nous le seul élément du musée qui pourrait rentrer dans la catégorie Art Moderne.


" LES YEUX " ! ?


PARC VIGELAND

A quelques kms du centre ville, traversant des quartiers résidentiels aux belles maisons, nous arrivons au parc Vigeland, lui-même intégré dans le parc Frogner, situé au nord-ouest de la ville, destiné surtout à la pratique de divers sports, patinage notamment.

Ce parc est l’un des endroits le plus visité d’Oslo ; il a été conçu par Gustav Vigeland, le plus célèbre sculpteur norvégien, qui a travaillé plus de 20 ans à sa réalisation ; il est mort un an avant la fin des travaux.

Un parc immense, des terrasses et des fontaines, un pont sur une rivière, une colline au fond du parc comme point culminant, et dans cet espace, partout, plus de 200 sculptures monumentales sur le thème de la destinée de l’homme, de l’enfance à la vieillesse, statues croquant des enfants, des adultes, des vieillards dans les scènes de la vie quotidienne, illustrant des aspects des relations humaines : l’amour, la tristesse, la joie, la lutte, les sentiments, etc...

Statues monumentales en bronze, en plein mouvement, mais à peine dégrossies, de corps toujours entièrement nus. Au point le plus haut du parc, le « monolithe », colonne centrale entourée de sculptures, avec des corps entrelacés semblant vouloir atteindre à tout prix le sommet de cette colonne : allégorie de la lutte pour la vie ?

Nous ne dirons pas que toutes ces statues nous laissent de marbre, puisqu’elles sont en bronze, mais il est vrai que nous ne sommes pas attirés par ce genre de sculpture ; ce n’est pas du Rodin, loin de là, ni même du Maillol. Mais au moins, nous reconnaissons leur qualité d’œuvre d’art, contrairement aux objets présentés comme œuvre d’art au Musée Astrup.

Par contre, nous avons adoré les statues du même Vigeland, dans les jardins et les rues de la ville, qui représentent des scènes de la vie courante et des personnages, sous forme réaliste très originale et réussie.










ON A  BIEN ESSAYÉ ...... MAIS ON N'Y EST PAS ARRIVÉ !








ON A ENCORE ESSAYÉ ........ ET ON Y EST ARRIVÉ ! ET VOUS ?




LE TREMPLIN D’HOLMENKOLLEN


A 10 kms au nord-ouest du centre ville, une vaste zone boisée domine la ville et offre un vaste terrain de jeux et de loisirs aux habitants d’Oslo (Osloïtes) ; 450 kms de sentiers balisés, équipés de refuges, pistes de ski de fond, lacs pour la pratique du kayak en été ou du patinage en hiver, le tout accessible en métro !

Le must : le tremplin de saut à ski de Holmenkollen, l’un des plus célèbres, et aujourd’hui le plus moderne du monde, domine tout le site ; il est visible de partout ; de notre camping car, nous le verrons même bien illuminé la nuit, long ver luisant dans la nuit étoilée.




OSLO 2014


Après quelques jours passés à Oslo, nous pouvons dire que notre première impression de 2003 est effacée par cette nouvelle approche ; évidemment, nous avons passé plus de temps à explorer davantage de quartiers de la ville ; surtout, nous constatons, comme dans toute la Norvège, de très nombreux chantiers de construction, de restauration, d’aménagements d’espaces urbains et de loisirs ; un vrai remue ménage qui gâche pas mal le paysage (hélas pour les photos) avec tous ces engins, grues, échafaudages, trous immenses, montagnes de terre, tas de pierres... mais l’avenir s’annonce plutôt esthétique, pratique et confortable ; alors, il faut patienter, et le résultat nous paraît être prometteur.

Oslo nous est donc apparue plus dynamique, plus animée, plus belle, même si, à nos yeux, elle ne peut être comparée à Stockholm (.... encore moins à Paris !).



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